27 janvier 2023

Pourquoi et comment le Jardin des Papillons se consacre-t-il à la protection des papillons, à Hunawhir ?

Ces cinquante dernières années ont été marquées par le déclin significatif d’insectes pollinisateurs dans le monde entier, dont les papillons.

Selon l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN), plus de 40 000 espèces de papillons dans le monde sont menacées d’extinction : 9 065 sont en danger critique d’extinction, 16 094 sont en danger et 16 300 sont jugées vulnérables.

Parmi eux, le papillon Monarque, que l’on peut observer au Jardin des Papillons, fait partie des espèces menacées. Il est catégorisé « En danger » selon l’UICN alors que le Glaucopsyche xerces est une espèce déclarée éteinte, observée pour la dernière fois à proximité de San Francisco, il y a près de 24 ans…

En France, près de deux espèces sur trois ont disparu d’au moins un département, par rapport au siècle dernier. En moyenne, les départements français ont perdu 11 espèces de papillons de jour au cours des 20 dernières années, Paris et les Hauts-de-Seine étant les plus touchés.

Des chiffres conséquents, loins d’être anodins.

Forcément, en tenant compte de ces données, il est nécessaire de mettre en place des initiatives de sensibilisation auprès des publics sur l’importance de la biodiversité, et d’offrir un cadre de préservation pour ces espèces. C’est la mission du Jardin des Papillons, à Hunawhir.

Dans cet article, on vous explique pourquoi les papillons sont en voie de disparition et comment le Jardin des Papillons agit pour les protéger.

Quelles sont les causes de la disparition des papillons ?

Crédits photo : F. Hacot – Image d’un papillon Monarque au Jardin des Papillons

Avant toute chose, il nous semble nécessaire d’évoquer les différentes causes provoquant la mise en danger des papillons.

1. L’agriculture

Il y a une cinquantaine d’années, la polyculture prônait dans nos campagnes, où vivaient des centaines d’espèces de papillons. La polyculture est le fait de cultiver plusieurs espèces de plantes dans une même exploitation agricole, ou plus largement dans une région naturelle.

A contrario, la monoculture, qui s’est largement imposée au fil des années, consiste à ne cultiver qu’une seule espèce végétale sur une exploitation.

Cette pratique s’implante partout, remplaçant les fermes mixtes (qui passent de 11,1 à 5,6 millions d’hectares cultivés) par des exploitations de grandes cultures (de 5,6 à 9,6 millions d’hectares). Bosquets, haies et mares font alors place à des grandes étendues agricoles.

Or, chaque espèce de papillons pond ses œufs sur des plantes spécifiques, les plantes hôtes, dont se nourrissent ensuite les chenilles. Le paon du jour pond sur l’ortie, le machaon sur la carotte sauvage et le tabac d’Espagne sur la violette.

Mais cette monoculture voit disparaître ces plantes et fleurs sauvages, perturbant toute la biodiversité. Papillons et autres insectes pollinisateurs manquent alors de nourriture et de lieux de ponte.

L’utilisation abusive des pesticides est également une cause de la disparition des papillons et autres insectes pollinisateurs dans nos campagnes.

2. L’urbanisation et la pollution lumineuse

Il existe en France près de 5000 espèces de papillons de nuit, qui souffrent de plus en plus de la lumière artificielle de nos villes.

Les papillons de nuit, par nuit claire, utilisent les sources de lumière céleste comme la lune ou les étoiles pour s’orienter. La lumière artificielle (éclairage public, publicitaire ou des véhicules) constitue alors un nouveau repère, qu’ils vont confondre avec les astres.

Cette pollution lumineuse entraîne chez les papillons diurnes une incapacité à adopter des comportements vitaux ou à accomplir leur cycle biologique.

Aussi, une exposition constante à la lumière entraînerait la stérilisation des mâles, supprimerait les phéromones sexuelles des femelles et provoquerait des interférences dans la ponte.

3. Le réchauffement climatique

D’après Matthew Forister, biologiste américain, les automnes plus chauds entre 1972 et 2018 aux Etats-Unis seraient les premiers responsables du déclin des populations de papillons, la hausse des températures ayant un effet sur leur fertilité.

Comment protéger les papillons ?

Il est possible de contribuer, à son échelle, à la protection des papillons et des insectes pollinisateurs, que l’on soit responsable d’un parc naturel, d’un petit jardin ou même un particulier.

Voici quelques actions concrètes et initiatives inspirantes :

  • Refleurir des zones urbanisées à l’instar de la commune de Montreuil, en Seine-Saint-Denis qui a stoppé le fauchage d’une parcelle de 4 000 m2 depuis plusieurs années, où des herbes et des fleurs y poussent librement. Une aubaine pour les papillons qui y trouvent nourriture et plantes hôtes.
  • Démocratiser des programmes comme « Opération Papillons », lancé en 2006 par Noé et le Muséum national d’Histoire naturelle, qui a pour objectifs d’améliorer les connaissances scientifiques sur les papillons et leurs milieux de vie et d’ainsi reconnecter l’Homme à la nature en incitant aux changements de pratiques. Les données récoltées sur le long terme ont pour objectif de mesurer les effets des activités humaines (agriculture, urbanisation, réchauffement climatique, etc.) sur ces espèces.
  • Diminuer drastiquement l’utilisation des pesticides dans son jardin, dans son champ et dans les espaces verts de sa commune…
  • Préférer des plantes qui nourrissent les papillons.

Vous pouvez justement suivre nos 5 conseils pour aider les papillons dans votre jardin.

Comment le Jardin des Papillons agit-il pour la préservation des papillons ?

Le Jardin des Papillons est né de cette volonté de participer à la protection des papillons et de sensibiliser les publics à l’importance de la biodiversité. Le lieu est entièrement consacré à cette mission.

Pendant la période d’ouverture d’avril à novembre, nous accueillons chaque semaine 600 à 800 chrysalides, qui éclosent dans notre serre. Celle-ci réunit toutes les conditions nécessaires au développement des papillons, que nous nourrissons et dont nous prenons grand soin.

Nous proposons aux visiteurs un parcours pédagogique afin d’observer les centaines d’espèces de papillons, mais aussi les fourmis, les abeilles, les plantes et les fleurs présents au jardin. A travers cette démarche, nous souhaitons les intéresser à notre devoir de protection, et les informer sur la nécessité de protéger la biodiversité.

Venir observer les centaines d’espèces du Jardin des Papillons, c’est soutenir toutes nos actions de préservation.

2 commentaires

  • Sue TRIVETT says:

    Esf ce qu il.y a quelqu u en sud ouest Dordogne/nord ouest Lot et Garonne/ouest Gironde qui pourrait me conseiller sur mon terrain au 24130 Le Fleix, argileux et plein sud dinc ca chauffe!!
    J ai commencé a planter une bknne sélection d arbustes/rosiers etc mais j aimerais avoir un peu de conseil et des idées svo.

  • 1011-art says:

    Les papillons sont malheureusement en voie de disparition … Petit commentaire sous forme de dessin « La robe de Médée » : https://1011-art.blogspot.com/p/la-robe-de-medee.html, série de dessins réalisée pour le Muséum de Genève pour l’exposition « Tout contre la Terre ». La Reine Alexandra » y est en triste place…

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